Lorsqu’un de vos proches décède par suicide
Le suicide d’un être cher peut être dévastateur. Vous pouvez ressentir plusieurs émotions intenses à la fois. Vous pouvez vous sentir choqué, confus, en colère ou coupable. Vous pouvez vous demander si vous auriez pu faire quelque chose pour empêcher la personne de se suicider. Ces pensées et ces émotions sont normales et, bien que cela prenne du temps, avec un soutien adéquat, vous pouvez reprendre votre vie en main.
Comprendre le deuil
Il n’y a pas de « bonne » façon de faire son deuil après un suicide. Le deuil est un processus de guérison que chacun vit à sa manière. Même si la personne que vous aimez est décédée il y a des mois ou des années, votre chagrin peut refaire surface à certains moments, comme pendant les vacances ou des périodes en particulier, lors d’un anniversaire ou à la date anniversaire du décès. Votre chagrin peut d’une certaine manière subsister, mais il peut devenir progressivement plus facile à gérer. Tentez de ne pas limiter votre chagrin dans le temps, et ne comparez pas vos sentiments à ceux des autres. Pendant la période de deuil, les émotions suivantes peuvent vous animer :
Choc. Des sentiments d’impuissance et d’incrédulité sont fréquents lorsqu’une personne meurt par suicide. Après un tel drame, les gens font souvent face au chagrin en niant la réalité, étant animés de pensées telles que « C’est impossible que cela arrive » ou « je n’arrive pas à y croire ».
Colère. Après un suicide, vous pouvez reprocher aux médecins ou à d’autres personnes de ne pas avoir pu empêcher le drame. Vous pouvez reprocher à la personne décédée de vous avoir quitté, ou vous pouvez être en colère contre le monde en général, en vous demandant pourquoi de telles tragédies se produisent.
Culpabilité. Un chagrin intense empêche de penser clairement, de sorte que vous pouvez parfois avoir des pensées que vous savez irréalistes. Les mots « Et si » peuvent remplir vos pensées, même si vous savez que vous avez fait de votre mieux à ce moment-là. Des questions telles que « Et si je l’avais ramené directement à la maison? », « Et si j’étais descendu pour voir comment il allait? ».
Désespoir. Vous pouvez vous sentir très triste, seul ou impuissant. Vous vous demandez peut-être comment sera votre vie sans la personne décédée. Dans la plupart des cas, ces sentiments sont un signe de votre amour pour la personne décédée et la douleur finira par s’atténuer.
Certaines de ces émotions peuvent survenir en même temps ou sembler aller et venir pendant un certain temps. Lorsque ces émotions fortes se manifestent, de nombreuses façons permettent d’y faire face.
Faire face à la perte d’un proche
Demander l’aide de la famille ou des amis Restez en contact avec vos proches et faites-leur part de vos besoins. Après un décès, il est possible que vous ayez du mal à accomplir des tâches simples. Vous pourriez avoir besoin de quelqu’un pour partager un repas ou pour vous aider à faire le ménage. Ce type de soutien pratique vous aidera à surmonter le choc initial.
Exprimer votre chagrin avec les personnes que vous aimez. En partageant votre douleur, vous vous sentirez moins seul face à votre perte. Il est essentiel d’exprimer vos sentiments après un décès. Accordez-vous le temps et la permission de faire votre deuil. Le deuil ne peut être précipité ou ignoré.
Envisager de rejoindre un groupe de soutien pour les personnes qui ont perdu des amis ou des parents par suicide. Rejoindre un groupe peut être particulièrement utile si vous préférez ne pas discuter de tous les aspects du suicide avec votre famille et vos amis, ou si vous avez tenté de le faire, mais qu’ils n’ont pas semblé comprendre ce que vous vivez. Vous pouvez rejoindre un groupe en ligne ou un groupe qui se réunit régulièrement en personne. Consultez le site Web de l’Association canadienne pour la prévention du suicide qui contient des ressources et des informations, et pour rechercher par province les groupes de soutien et les ressources locales sous la rubrique « Centres de soutien aux survivants ».
Prenez soin de vous. Conservez vos habitudes de sommeil et faites de l’exercice, prenez des repas réguliers, même si vous mangez moins que d’habitude. Il est sain de demeurer actif plutôt que de se contenter de tenter de contenir ses émotions. Par exemple, tenez un journal, écrivez des lettres, et marchez. Toutes ces activités vous aideront à trouver l’énergie nécessaire pour continuer à aller de l’avant malgré votre douleur.
Respectez vos croyances. Les croyances spirituelles peuvent être un réconfort après une perte. Vous pouvez trouver du réconfort, de la stabilité et de la paix dans les rituels et les coutumes de votre foi ou de votre culture.
Parlez à votre médecin si votre chagrin vous semble ingérable ou s’il provoque des symptômes physiques tels qu’une perte d’appétit ou des difficultés à dormir. Il est particulièrement important de le faire si vous présentez des signes de dépression, comme des difficultés de concentration, un repli sur soi ou une incapacité à pratiquer des activités que vous aimiez auparavant. Demandez immédiatement l’aide d’un professionnel si vous éprouvez souvent un sentiment de désespoir et que vous pensez parfois vous faire du mal. Appelez la National Suicide Prevention Lifeline au 800-273-TALK (800-273-8255) pour être immédiatement mis en relation avec une personne de votre communauté qui pourra vous aider.
Le profond chagrin causé par un suicide s’atténue généralement avec le temps, mais si ce n’est pas le cas, un thérapeute ou intervenant peut vous aider à trouver des moyens de faire face à la situation. Votre médecin peut également vous prescrire des médicaments pour soulager les symptômes douloureux.
Que dire aux autres?
L’annonce d’un suicide peut être l’une des choses les plus difficiles à faire. Voici quelques conseils.
- Prévenez d’abord vos parents et amis les plus proches. Ce sont ces personnes qui pourront le mieux vous soutenir juste après un suicide.
- Assurez-vous d’être dans un endroit sûr et calme avec ces personnes ou avec d’autres personnes qui peuvent les soutenir lorsque vous leur parlez du suicide.
- Soyez compatissant, mais direct. Évitez de dire que vous n’êtes pas certain de ce qui a pu se passer si vous savez déjà qu’une personne s’est suicidée. Cela pourrait compromettre vos relations à un moment où vous avez besoin de soutien si les gens apprennent la vérité auprès d’autres personnes.
- N’oubliez pas que les personnes proches de la personne décédée peuvent avoir besoin d’être rassurées sur le fait qu’ils n’ont rien à se reprocher. Vous pouvez expliquer que les personnes qui se suicident souffrent souvent d’un déséquilibre chimique résultant d’une dépression ou d’une autre maladie mentale. La plupart des gens auraient fait des démarches pour empêcher le suicide s’ils avaient su que la personne courait un danger imminent.
- Réfléchissez bien à ce que vous allez dire aux enfants. Informez les enfants en fonction de leur âge afin qu’ils soient en mesure de bien comprendre. Les très jeunes enfants ne comprennent pas forcément ce qu’est la mort et peuvent être encore plus désorientés par le mot « suicide ». Il peut être préférable de leur donner des informations de base maintenant, puis leur fournir des détails lorsqu’ils sont en âge de comprendre. Les enfants plus âgés peuvent avoir beaucoup plus de questions et exiger plus d’informations. Dans ce cas, un psychologue pour enfants pourra vous suggérer comment répondre adéquatement aux questions que les enfants pourraient avoir. Le site Suicide Awareness Voices of Education, ou SAVE, contient également des informations sur la manière dont les enfants de différents âges peuvent réagir au suicide et sur ce que vous pouvez leur dire. Visitez le site SAVE et cliquez sur « What to Tell Children » (Quoi dire aux enfants) de la rubrique « Coping with Loss » (Faire face à la perte d’un proche).
Faire face à la perte d’un proche
Vous vous souviendrez toujours de la personne que vous avez perdue, mais pour la plupart des gens, la douleur s’atténue avec le temps. Les personnes qui ont perdu quelqu’un par suicide, ou « survivants », sont celles qui doivent survivre au départ d’un proche qui s’est enlevé à la vie. Voici quelques pistes en vue de se rétablir.
Trouvez une façon particulière de célébrer les jours que vous associez à la personne qui vous a quitté. Réunissez-vous en famille ou entre amis pour ne pas vous sentir seul lors de telles journées, comme lors d’une naissance ou d’un anniversaire. Si la rencontre en personne ne peut avoir lieu, organisez une discussion téléphonique ou un appel vidéo.
N’oubliez pas que le fait de recommencer à rire et à profiter de la vie ne signifie pas que vous avez oublié la personne décédée. Continuer de vivre peut être l’une des meilleures façons d’honorer la mémoire d’un être cher. Demandez-vous ce qu’ils voudraient que vous fassiez.
Lorsque vous vous sentirez prêt, envisagez une façon permanente d’honorer la personne que vous avez perdue. Vous pouvez planter un arbre, faire un don à une cause que la personne avait à cœur ou faire du bénévolat pour un organisme qui s’occupe des personnes souffrant d’un problème de santé physique ou mentale qui touchait la personne disparue.
Envisagez l’établissement d’un mémorial en ligne. De plus en plus de sites Web et d’autres médias permettent de publier des souvenirs ou des hommages à une personne décédée par suicide. On compte entre autres le mémorial SAVE sur le site de l’Institut de recherche sur le suicide Suicide Awareness Voices of Education et le Suicide Memorial Wall sur le site Parents of Suicides (POS)-Friends and Families of Suicides (FFOS). Le site POS-FFOS propose également une salle de discussion sur le deuil lié au suicide, protégé par un mot de passe, qui permet de discuter de vos préoccupations avec des personnes qui ont vécu une expérience similaire.
Célébrez la vie de la personne, plutôt que de vous concentrer sur la façon dont elle est décédée. Compte tenu des circonstances souvent inattendues et tragiques qui entourent un décès par suicide, il est normal au début de ne penser qu’à l’acte lui-même. Se souvenir des nombreuses contributions de la vie d’une personne, des choses qu’elle a accomplies et de la manière dont elle a touché les autres peut être extrêmement salutaire et constituer une façon positive de se souvenir de l’être cher décédé.
Si vous ou une personne de votre entourage vivez des moments difficiles, le programme de soutien en santé mentale peut vous aider. Cliquez sur votre pays ci-dessous pour en savoir plus sur les ressources disponibles.